
Pendant la grossesse, les douleurs aux dents de sagesse sont assez fréquentes, car les inflammations des gencives (qui soutiennent les dents de sagesse) peuvent augmenter sous l’effet des hormones. On parle de gingivites gravidiques. Pour autant, cette inflammation ne nécessite pas toujours de faire retirer les dents de sagesse.
Comment soulager les douleurs liées aux dents de sagesse ?
« Dans un premier temps, on recommande des bains de bouche antiseptiques sans alcool à base de chlorhexidine que l’on peut prescrire au cabinet dentaire. On peut aussi proposer de faire des lavages à l’eau tiède salée et associée une hygiène dentaire exemplaire avec une brosse à dents souple. Le seul antidouleur utilisable durant la grossesse est le paracétamol et éventuellement s’il y a une infection au niveau de la dent de sagesse, ce que l’on appelle une péricoronarite, on peut aussi prendre de l’amoxicilline ou de la clindamycine en cas d’allergie à l’amoxicilline » précise Alexandre Karcenty, chirurgien-dentiste installé au Chesnay-Rocquencourt (78). .
À noter : les anti-inflammatoires de type kétoprofène ou ibuprofène sont fortement déconseillés durant la grossesse et particulièrement au troisième trimestre.
À lire aussi
Une femme enceinte peut-elle se faire enlever les dents de sagesse ?
« On peut extraire la dent si l’inflammation ne part pas avec l’antibiotique, que c’est infecté et que la douleur persiste. De préférence, on choisira de réaliser l’intervention au deuxième trimestre de la grossesse, car c’est le moment le plus stable de la grossesse » explique le praticien.
En effet, au premier trimestre, il faut éviter les radios et au troisième trimestre, on a peur d’un accouchement prématuré à cause du fait que l’on doit réaliser une anesthésie avec de l’adrénaline (et cela n’est pas recommandé durant la grossesse). « Il n’y a cependant aucun problème à réaliser une anesthésie locale si l’intervention doit être faite, même si on se rapproche du troisième trimestre. On ne mettra simplement pas d’adrénaline » ajoute-t-il.
Quels sont les risques de l’intervention durant la grossesse ?
« Ils sont les mêmes que ceux d’une femme qui n’est pas enceinte. Saignement léger, douleurs post-opératoires, et dans des cas un peu plus rares des alvéolites (complication après une extraction dentaire : le caillot de sang disparaît trop tôt, ce qui cause une douleur très intense et une mauvaise cicatrisation) qui peuvent nécessiter un traitement par antibiotique ou un curetage » indique Alexandre Karcenty.
À lire aussi
Quelles sont les recommandations après l’intervention ?
« Il est préférable de manger plutôt tiède ou froid, on évite de fumer, de cracher, de manger des petits aliments qui peuvent se coincer dans la béance et il faut avoir une hygiène plutôt douce autour de la plaie » recommande le chirurgien-dentiste.
Quel que soit le type de douleurs dentaires durant la grossesse, il ne faut pas hésiter à consulter son chirurgien-dentiste afin qu’il puisse établir un diagnostic précis et évaluer s’il est nécessaire ou non de réaliser une intervention chirurgicale.
À noter : à partir du 4ᵉ mois de grossesse et jusqu’au 6ᵉ mois après l’accouchement, les femmes enceintes peuvent bénéficier d’un examen de prévention bucco-dentaire gratuit. Il est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, sans avance de frais si l’on s’y rend avec sa carte Vitale et le bon de prise en charge reçu par courrier.