
Pathologie complexe, l’endométriose se caractérise par différents symptômes, dont l’intensité et les localisations sont variables en fonction des patientes. Cette maladie peut évoluer au fil des années, le plus souvent lentement. Cependant, le risque le plus important est la chronicisation des douleurs. Les douleurs sont, au début, plus intenses au moment des règles, lors des rapports sexuels, lors de la défécation ou de la miction. Parfois, elles ne se limitent pas aux menstruations et peuvent être présentes tout au long du cycle.
Quels sont les symptômes liés à l’endométriose ?
Différentes douleurs peuvent être décrites par une femme atteinte par de l’endométriose. On distingue notamment :
- les dysménorrhées, autrement dit les douleurs pendant les menstruations ;
- les dyspareunies, c’est-à-dire les douleurs durant les rapports sexuels ;
- les douleurs pelviennes chroniques, qui vont survenir en dehors des règles ;
- la dysfertilité, qui est la difficulté à concevoir ;
- les douleurs à la défécation ;
- les troubles urinaires, comme des difficultés à la miction, une envie fréquente d’uriner ou l’impression d’avoir des symptômes d’infection urinaire malgré l’absence de germes.
« Les patientes n’ont pas forcément tous ces symptômes. Chaque femme réagit différemment à la douleur selon son parcours de vie, depuis combien de temps elle souffre et si elle a d’autres pathologies associées. Dans ces situations, on peut alors parler de mécanisme d’hypersensibilisation pelvienne », explique Frédérique Perrotte, coordinatrice sage-femme de la filière ENdoSud IDF.
Quels sont les traitements possibles en cas d’endométriose ?
Actuellement, aucun traitement ne permet de guérir l’endométriose. En revanche, il existe des accompagnements ou prises en soins pour réduire les symptômes. Des traitements antalgiques, dont les anti-inflammatoires, sont parfois prescrits pour diminuer les douleurs au moment des règles. « Des médicaments spécifiques peuvent aussi être indiqués pour lutter contre l’hypersensibilisation. Ils doivent être prescrits par un médecin ou un spécialiste de la douleur », ajoute la professionnelle de santé.
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Les lésions d’endométriose sont hormono-dépendantes et évoluent selon le cycle menstruel. Des traitements hormonaux peuvent alors être prescrits pour soulager les douleurs corrélées aux règles. Avec la suppression des menstruations, les douleurs peuvent s’atténuer, voire disparaître. « En première intention on peut prescrire des traitements hormonaux comme les œstro-progestatifs. Il existe différents traitements hormonaux selon les antécédents, les effets secondaires et les souhaits de la patiente. Quand la patiente est déjà dans un contexte d’hypersensibilisation, l’importance des douleurs n’est pas juste corrélée à la taille des lésions d’endométriose. Le traitement doit s’adapter au type de douleurs », souligne Frédérique Perrotte.
Un traitement progestatif comme le Diénogest est également proposé en fonction du profil et de la tolérance de la patiente. La contraception œstroprogestative prise en continu permet de supprimer les menstruations, les douleurs de règles ainsi que l’évolution de la maladie. Les méthodes progestatives seules constituent également des options fréquemment utilisées, comme la contraception orale microprogestative au désogestrel, l’implant sous-cutané à l’étonogestrel ou encore le système intra-utérin au lévonorgestrel. Ces traitements agissent en induisant une mise au repos de l’endomètre et en réduisant l’activité ovarienne, ce qui peut contribuer à diminuer les douleurs. Le choix du traitement dépend des contre-indications, des effets secondaires éventuels et des attentes de la patiente.
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Endométriose : certaines médecines complémentaires peuvent-elles être bénéfiques ?
Le traitement hormonal à lui seul ne suffit pas toujours pour soulager les patientes. Il peut alors être combiné avec des médecines complémentaires. La Haute autorité de santé (HAS) et le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) recommandent notamment la pratique du Yoga, de la relaxation, de l’ostéopathie ainsi que de l’acupuncture. « Ces techniques agissent sur le stress et l’anxiété, provoqués par les douleurs. Une bonne hygiène de vie, comprenant une alimentation variée et équilibrée et une activité physique adaptée, est aussi essentielle pour réduire les douleurs de l’endométriose », complète la sage-femme.
Des maisons sport santé proposent également des activités physiques adaptées aux pathologies chroniques, dont l’endométriose fait partie. L’objectif est de réapprendre à bouger son corps avec une maladie chronique. Le sport peut se décliner sous différentes formes : stretching, cardio, endurance. Outre ses bienfaits physiques, il permet aussi d’améliorer la gestion du stress.
Réalisés en atelier de groupe, les parcours d’éducation thérapeutique présentent de nombreux bénéfices pour les patientes. « Elles peuvent échanger entre elles avec la présence d’un.e professionnel.le de santé qui anime ces groupes. Cette force du collectif est totalement complémentaire aux différents traitements. Plus on va être à l’écoute des douleurs et les prendre en charge précocement, plus on évitera la chronicisation de la maladie et éventuellement les accompagnements très complexes », rappelle Frédérique Perrotte.