
Durant la période prénatale, une femme enceinte et son bébé développent un lien affectif. Poser une main sur son ventre ou lui parler permet de créer une sécurité affective et de se sentir actif dans la relation. Certaines études scientifiques attestent que le fœtus réagit aux stimulations auditives aux environs du troisième trimestre. Peut-il percevoir d’autres sons ou vibrations, comme les pleurs de sa maman ?
Le bébé peut-il ressentir les pleurs de sa mère ?
La grossesse ressemble parfois à des montagnes russes : on oscille entre des moments de joie, de tristesse ou d’anxiété. En proie à ces émotions, la future maman peut alors pleurer pour les exprimer, mais aussi pour les décharger. Les pleurs sont un moyen de régulation émotionnelle.« Plus une femme enceinte est régulée émotionnellement, plus cela va amener de la stabilité dans ce que va vivre le bébé. C’est une très bonne chose pour son développement », indique Mathilde Bouychou, psychologue clinicienne spécialisée en périnatalité, animatrice du podcast « Parentalité(s) » et auteure du livre « Désir d’enfant » (éd. Solar Éditions).
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L’environnement intra-utérin est sensoriel et émotionnel. Il a donc un impact sur le développement du bébé. Au fil des mois, le fœtus va développer ses sens : le premier est la kinesthésie, autrement dit la perception des déplacements des différentes parties du corps, ensuite le goût, l’odorat et l’ouïe, puis la vue. « La vision est le sens dont il a le moins besoin in utero. La manière dont le fœtus développe son système neuronal a un sens logique. En fonction du stade de la grossesse, le bébé peut sentir, goûter et entendre », décrit la spécialiste.
Certaines recherches montrent que les sensations vécues in utero laissent des empreintes sensorielles et émotionnelles, qui peuvent se réactiver lors de la vie extra-utérine. On parle alors de mémoire implicite, pour laquelle il n’y a pas de mot ou d’image puisqu’elle est intervenue avant le langage. Ce qui pourrait expliquer pourquoi on ressent parfois des choses sans savoir leur origine.
Quel est l’impact d’une dérégulation émotionnelle chez le fœtus ?
Au quotidien, on vit tous des épisodes de stress, par exemple, lors d’une période très chargée au travail. Si une fois qu’elle est passée, on se sent apaisé, il n’y a pas d’impact sur notre fonctionnement ou notre psyché. La majorité des femmes enceintes vivent des hauts et des bas émotionnels, et leurs bébés vont parfaitement bien. Pas d’inquiétude donc si vous avez, de temps en temps, des séquences de pleurs, cela n’impactera pas le développement de votre futur bébé.
En revanche, le stress chronique peut avoir des effets négatifs, en particulier sur la maturation du système nerveux. « Cette condition est associée à une dérégulation émotionnelle. On a tous une fenêtre de tolérance, qui peut parfois déborder et produire des altérations sur nos comportements. Pour le fœtus, le fait d’être baigné dans du stress l’amène à vivre une expérience de dérégulation. », complète Mathilde Bouychou. Les pleurs de la future mère peuvent alors être un véritable exutoire. Dans certains cas, ils permettent de décharger une émotion afin qu’elle ne devienne pas trop intense ou présente.
Cependant, si ces pleurs sont fréquents et/ou traduisent une tristesse importante, n’hésitez pas à consulter. Il s’agit peut-être d’une dépression prénatale. Une profond mal-être, une douleur morale ou encore un sentiment de dévalorisation ne doivent pas être banalisés. Si tel est le cas, rapprochez-vous d’un professionnel de santé et/ou d’un psychologue, pour trouver soutien et assistance.