Mar 6, 2026 | Les Premiers Moments

PMA : combien d’embryons transfère-t-on ?

En procréation médicalement assistée (PMA), et plus particulièrement en fécondation in vitro (FIV), la question du nombre d’embryons transférés est centrale. Elle influence directement les chances de grossesse, mais aussi le risque de grossesse multiple. L’objectif médical est simple : obtenir une grossesse évolutive, en limitant au maximum les risques pour la mère et les bébés.

Qu’est-ce qu’une PMA ?

La PMA (Procréation Médicalement Assistée) regroupe toutes les techniques médicales qui aident un couple ou une personne à avoir un enfant lorsque la conception naturelle est difficile ou impossible.

Elle inclut principalement :

  • insémination artificielle (IA) : dépôt direct des spermatozoïdes dans l’utérus pour faciliter la fécondation ;
  • fécondation in vitro (FIV) : les ovocytes sont prélevés, fécondés en laboratoire avec les spermatozoïdes, puis un ou plusieurs embryons sont transférés dans l’utérus ;
  • autres techniques avancées : comme l’ICSI (injection d’un spermatozoïde dans un ovocyte) ou le don d’ovocytes/spermatozoïdes.

À noter : l’idée est de donner la possibilité au couple ou à la personne d’avoir un enfant en toute sécurité, en minimisant les risques pour la mère et le futur bébé.

FIV : combien d’embryons transfère-t-on ?

Lors des débuts de la fécondation in vitro, les taux de réussite étaient relativement faibles. Afin d’augmenter les chances de grossesse, les médecins avaient alors tendance à transférer plusieurs embryons lors d’un même cycle, parfois deux, trois, voire quatre.

Résultat : une hausse importante des grossesses multiples (jumeaux, triplés), avec davantage de complications : prématurité, faible poids de naissance, risques obstétricaux pour la mère, hospitalisations prolongées en néonatalogie…

Aujourd’hui, la médecine reproductive a énormément progressé.

« Dans la plupart des centres de PMA modernes, on privilégie désormais le transfert d’un seul embryon. Cela permet d’éviter le risque de grossesse gémellaire qui peut être compliquée d’un point de vue obstétrical », précise Lauren Sebbag, gynécologue obstétricienne spécialisée en fertilité, installée à Paris.

Transférer un seul embryon de bonne qualité au stade blastocyste (stade cellulaire de l’embryon obtenu après 5 ou 6 jours de développement) permet d’obtenir des taux de réussite comparables tout en réduisant drastiquement le risque de grossesse multiple.

Pourquoi éviter les grossesses multiples ?

On pourrait penser que des jumeaux sont une “bonne surprise”. En réalité, médicalement, une grossesse multiple est considérée comme à risque. En effet, il peut y avoir un risque de prématurité (dans presque la moitié des cas). De plus, la future maman a un risque de diabète gestationnel ainsi que d’hypertension et de pré-éclampsie (une élévation de la tension artérielle et la présence de protéines dans les urines, signe d’une atteinte des reins).

Par ailleurs, il est plus fréquent que l’accouchement se déroule par césarienne.

Désormais, avec plus de recul, les médecins préfèrent donc transférer un embryon en bonne santé, que prendre le risque de mettre en danger la maman.

PMA : quelle est la réglementation en France ?

En France, les recommandations médicales privilégient le transfert d’un seul embryon, surtout chez les femmes jeunes, lors d’un premier ou deuxième essai quand les embryons sont de bonne qualité.

Quand un transfert de plusieurs embryons peut être proposé ?

« On peut l’envisager pour des femmes plus âgées, qui ont eu plusieurs échecs ou dont la qualité embryonnaire est moyenne », indique la gynécologue.

À noter : le transfert de 3 embryons est devenu exceptionnel.

Que fait-on des embryons restants ?

La plupart du temps les embryons non transférés sont congelés pour un futur transfert. Ils peuvent également être donnés à la recherche, à condition que le couple ou la personne y consente explicitement par écrit.

Il y a également la possibilité de les donner à un autre couple ; lorsque les parents n’ont plus de projet parental, ils peuvent consentir à ce que leurs embryons conservés soient accueillis par un autre couple ou une autre femme désireux d’avoir un enfant par PMA.

Ce type de don et encadré par la loi : il est anonyme et gratuit, les deux parties ne peuvent connaître leur identité respective, et le consentement est recueilli de manière formelle avec un délai de réflexion.

Grâce à la technique de vitrification visant à un refroidissement de moins de 2000°C par minute, les structures cellulaires sont intégralement préservées et les taux de survie embryonnaire sont très nettement améliorés.

Les chances avec un embryon congelé sont aujourd’hui proches de celles d’un embryon frais.