Mai 15, 2026 | Les Premiers Moments

Peut-on tomber enceinte après avoir avalé du sperme ?

La question peut paraître saugrenue, et pourtant, elle peut être posée, a fortiori lorsqu’on sait que le sexe oral, et la pratique de la fellation, est une pratique sexuelle courante. Par ailleurs, les cours de biologie étant souvent de lointains souvenirs, on peut avoir oublié les conditions à réunir pour qu’une grossesse ait une chance de débuter. Petit rappel anatomique et biologique, donc.

Sperme dans la bouche, éjaculation buccale : de quoi parle-t-on ?

Lors d’un rapport sexuel, une femme peut être amenée à pratiquer une fellation à son partenaire masculin, autrement dit à mettre son pénis en érection dans sa bouche, en vue de lui procurer du plaisir. Eventuellement en menant l’homme jusqu’à l’éjaculation. Dès lors, la femme se retrouve avec du sperme dans sa bouche. Les spermatozoïdes qu’ils contiennent peuvent-ils parvenir à atteindre l’ovule de cette façon ?

Rappelons que pour qu’une grossesse débute, il faut que de nombreuses conditions soient réunies. Pour commencer, il faut que l’ovule rencontre des spermatozoïdes, et qu’il soit fécondé. Or, l’ovule est expulsé de l’ovaire dans une des deux trompes de Fallope, afin d’y rencontrer un spermatozoïde, après quoi l’ovule fécondé (devenu œuf) s’implantera dans l’utérus, ou cavité utérine. Et le seul chemin permettant à un spermatozoïde d’atteindre l’ovule est le vagin, même si l’on verra ci-après que dans des cas très exceptionnels, infiniment rares, il est déjà arrivé, du fait de circonstances particulières, qu’une femme tombe enceinte sans rapport sexuel, après avoir fait une fellation à son partenaire.

Aucune communication entre voies digestives et génitales

Anatomiquement, rien ne relie les voies digestives, dans lesquelles arrive le sperme si l’on l’avale, à l’appareil génital féminin, lieu de la nidation. Autrement dit, les spermatozoïdes une fois avalés vont se retrouver dans l’estomac, un milieu très acide où ils ne pourront pas survivre, et ne seront jamais en contact avec un ovule. Leur trajet s’arrêtera donc là.

À l’inverse, lorsqu’ils arrivent via le vagin jusqu’à l’utérus, les spermatozoïdes sont dans un milieu qui leur est bien plus favorable, et qui leur permet de survivre plusieurs jours, et peut-être d’atteindre l’ovule, s’il y a eu ovulation.

Un seul cas répertorié, dans des circonstances très particulières

Pour l’anecdote, la littérature scientifique fait bien état d’un très rare cas de grossesse après une fellation. L’histoire s’est produite au Lesotho, en Afrique, en 1988, et a été documentée sous forme de cas clinique, dans le British Journal of Obstetrics and Gynaecology (Source 1). Une jeune femme, âgée de 15 ans, a d’abord été hospitalisée pour une blessure au ventre, liée à un coup de couteau lors d’une bagarre entre son nouveau compagnon et son ex-petit ami. Son estomac avait été perforé par l’arme blanche, lui valant une longue période de convalescence. Neuf mois plus tard, elle consulte pour de vivres douleurs au ventre, qui s’avèrent être des contractions : la jeune femme est enceinte, alors même qu’elle est née sans vagin du fait d’une malformation. Il s’est avéré qu’avant d’avoir été blessée à l’arme blanche à l’estomac, l’adolescente avait pratiqué une fellation à son compagnon, et avalé son sperme. Du fait de la perforation de l’estomac, des spermatozoïdes ont pu voyager dans la cavité abdominale jusqu’à rencontrer un ovule dans une des deux trompes utérines. Mais l’on voit bien ici que c’est un concours de circonstances toutes plus exceptionnelles les unes que les autres que la jeune fille est tombée enceinte. Le bébé, un garçon, est né par césarienne en excellente santé.

D’autres risques à prendre en compte

Cela dit, si l’on ne peut pas tomber enceinte en avalant du sperme, on peut toutefois contracter des maladies, car tout contact entre la bouche et les organes génitaux peut transmettre des infections sexuellement transmissibles (Chlamydia, syphilis, hépatite B, papillomavirus, herpès, etc.). Quant au risque de contracter le VIH lors d’une fellation, il est faible mais pas nul. L’usage du préservatif est donc vivement conseillé, à moins de connaître le statut de son partenaire concernant le VIH et les autres IST, via un dépistage récent.


Sources