Sep 25, 2026 | Les Premiers Moments

“C’est devenu un cauchemar” : le congé supplémentaire de naissance fait pschitt auprès des parents

 

« J’étais ravi de pouvoir bénéficier du congé supplémentaire de naissance, mais c’est devenu un cauchemar administratif, témoigne un jeune papa, préférant rester anonyme. J’ai appris que mon dossier était incomplet au début de mon congé, or en plein mois d’août, impossible de joindre le service RH de mon entreprise pour trouver une solution. »

Quelques semaines après l’entrée en vigueur, le 1er juillet 2026, du congé supplémentaire de naissance (CSN), ce type de témoignages se répand sur les réseaux sociaux. Dossiers incomplets, incompréhensions autour de la date de versement des indemnités, suspensions des contrats de mutuelle… Les parents bénéficiaires en juillet, en août et en septembre ont essuyé les plâtres.

 

Congé supplémentaire de naissance : pourquoi les indemnités tardent à arriver ?

Pour la Caisse nationale de l’assurance maladie (CNAM), avec laquelle nous avons pu échanger, il y a eu une incompréhension autour du terme “échu”. Comme pour un congé maternité ou un arrêt maladie, les indemnités sont versées au début du mois suivant le mois à indemniser, et non à la fin de celui-ci. Si un parent prend, par exemple, son congé supplémentaire de naissance sur le mois de septembre, il recevra ses indemnités au début du mois d’octobre. « Nous comprenons l’inquiétude et la surprise des parents, mais les versements sont intervenus, en moyenne, onze jours après la fin de la période indemnisée, ce qui ne relève pas d’un retard en soi », constate la CNAM.

Pour les parents salariés, il advient (rarement) que les entreprises pratiquent la subrogation de salaire. Dans ce cas, c’est l’entreprise qui perçoit les indemnités et qui doit donc continuer à payer le salarié à la date habituelle de versement de son salaire.

Pour certains parents, manquer d’informations à ce sujet a eu des conséquences considérables. « J’ai pris mes deux mois de congé supplémentaire de naissance sur l’été, de manière à rester avec ma fille de sept mois pendant la fermeture de la crèche, explique Céline. Mais en tant que maman isolée, je n’avais pas l’épargne nécessaire pour attendre que me soient versées mes indemnités, près de trois semaines plus tard que la date habituelle de versement de mon salaire. Si je l’avais su, je me serais organisée différemment ! »

N’oublions pas, par ailleurs, que l’indemnisation prévue est de 70 % du salaire brut le premier mois, puis 60 % le second mois, dans la limite de 4 005 bruts mensuels. Financièrement, le dispositif reste bien plus intéressant que le congé parental.

 

Deux dossiers sur trois manquant d’informations

La prise en main de ce nouveau dispositif par les assurés et les employeurs n’a pas forcément été des plus simples. Selon la Caisse nationale d’assurance maladie, parmi les 110 000 demandes reçues du 1er juillet au 23 août, incluant, de manière rétroactive, les naissances du premier semestre 2026, mais aussi celles de l’été et celles à venir au début de l’automne, un formulaire employeur sur cinq était incomplet et deux dossiers sur trois nécessitaient des informations supplémentaires, soit auprès des assurés, soit auprès des employeurs.

Première complication : plusieurs jeunes parents n’ont pas été informés que leur dossier était incomplet. Difficile, dans ce cas, de résoudre la situation. Deuxième complication : la période estivale est loin d’être idéale pour obtenir une réponse rapide de la part des services de ressources humaines dans les entreprises ! « Le problème, c’est que les versements des indemnités sont bloqués si les dossiers sont incomplets. Nous allons donc déployer des campagnes d’informations additionnelles à destination des employeurs, notamment pour rappeler la nécessité de transmettre le dossier de l’assuré dans les cinq jours qui suivent la demande de congé supplémentaire de naissance », garantit la CNAM.

 

Suspension des contrats de mutuelle en raison du CSN

Quelques parents ont également eu la désagréable surprise d’apprendre que leur contrat de mutuelle avait été suspendu en raison de leur congé supplémentaire de naissance. En effet, pendant le congé, s’il n’y a pas de subrogation de salaire, ni l’entreprise, ni le salarié ne paie de cotisations auprès de la mutuelle, qui a alors, parfois, suspendu les contrats. Si la mise en place du dispositif a été quelque peu chahutée, la Caisse nationale d’assurance maladie se veut rassurante et soutient que toutes ces problématiques seront résolues, au fur et à mesure, par la pratique.