
Le cerclage du col de l’utérus est une intervention chirurgicale réalisée durant la grossesse lorsqu’il existe un risque de dilatation prématurée du col de l’utérus. Il consiste à placer un fil de nylon autour du col pour en empêcher la dilatation du col, le tout sous anesthésie locorégionale ou générale.
Trois types de cerclage, pour trois indications différentes
Plusieurs situations peuvent nécessiter la pose d’un cerclage du col, selon les antécédents (accouchement prématuré, ou menace d’accouchement prématuré lors d’une précédente grossesse), et l’examen du col durant la grossesse. On distingue ainsi trois grands types de cerclage.
Le cerclage tardif, ou à chaud, en cas de col déjà ouvert
Ainsi, si lors d’une consultation de suivi de grossesse, l’examen clinique et/ou échographique du col montre que celui-ci est déjà complètement dilaté, un cerclage du col de l’utérus tardif ou « à chaud » est indiqué, pour éviter un accouchement prématuré. Il s’agit alors d’une opération réalisée en urgence.
Le cerclage thérapeutique
« Il existe aussi le cerclage thérapeutique, c’est-à-dire celui qui a lieu lorsque la surveillance régulière du col de l’utérus met en évidence une diminution de la longueur du col ou une dilatation partielle », nous détaille le Dr Jonas Benguigui, gynécologue-obstétricien, cofondateur de OVA-Clinique de la fertilité (Neuilly-sur-Seine). Notons que la présence d’antécédents de menace d’accouchement prématuré ou d’accouchement prématuré en lui-même (avant 37 SA) renforce la nécessité d’y avoir recours.
Le cerclage prophylactique, en préventif
Enfin, lorsqu’il y a des antécédents de fausse couche tardive et/ou d’accouchement prématuré, on parle de cerclage à froid, ou prophylactique, c’est-à-dire un cerclage réalisé à titre préventif, sans que l’on soit en présence d’un col déjà partiellement ou totalement ouvert.
« L’indication est posée dès le début de la grossesse », précise le gynécologue-obstétricien, en ajoutant toutefois que ce cerclage n’est réalisé qu’en fin de premier trimestre de grossesse, ou au début du deuxième, une fois les marqueurs de trisomie 21 mesurés.
Un col qui n’arrive pas à jouer son rôle
Notons qu’au niveau médical, les médecins utilisent le terme d’incompétence cervicale ou de béance cervicale : le col ne parvienne pas à jouer son rôle de « verrou », et finit par s’ouvrir « avant l’heure ». Là où il n’est censé se modifier et se dilater qu’en toute fin de grossesse et sur l’action des contractions utérines. Si une malformation peut être en cause dans l’incompétence cervicale, celle-ci peut résulter d’une conisation du col ou d’un autre traumatisme au niveau du col, mais peut aussi ne pas avoir de cause connue. On dit alors que cette incompétence cervicale est idiopathique.
Quelle alternative au cerclage ?
Il existe d’autres approches pour lutter contre une incompétence cervicale, telles que la mise au repos (alitement), la limitation de l’activité sexuelle (les rapports avec pénétration pouvant accélérer le processus de maturation du col), ainsi que la prescription de progestatifs par voie vaginale (on parle d’ovule à insérer au fond du vagin). Il est aussi possible, plutôt que d’opter directement pour un cerclage, d’utiliser un pessaire, « un petit système en caoutchouc qui permet de diminuer la pression sur le col », précise le spécialiste, ajoutant que cela « permet de diminuer les indications de cerclage ».
Quant à la seule surveillance échographique du col, elle ne suffit pas toujours, certaines femmes enceintes voyant leur col s’ouvrir rapidement sans qu’il n’y ait eu de signe annonciateur, ni d’antécédent. La surveillance échographie est donc plutôt opportune lorsqu’on envisage un cerclage thérapeutique, pour déterminer s’il est vraiment nécessaire, et si oui, à quel moment il le devient.
Un suivi étroit permet dans tous les cas d’adopter la prise en charge, et d’opter finalement pour un cerclage si la situation l’exige.
Quels sont les risques d’un cerclage ?
« Les risques sont très rares », tempère le gynécologue-obstétricien, qui assure que c’est une chirurgie courante, que les équipes obstétricales maîtrisent bien. Les principaux risques et complications sont liés au risque infectieux (chorioamniotite, c’est-à-dire infection des tissus entourant le fœtus ; sepsis), ainsi qu’au risque même d’insuffisance cervicale, autrement dit que le cerclage ne parvient pas à jouer son rôle ou ne suffise pas, engendrant ainsi un accouchement prématuré.
Retenons bien que ces risques et complications sont rares et maîtrisés, et que dans la grande majorité des cas, le cerclage se passe très bien, et permet de maintenir le col fermé jusqu’à la fin de la grossesse.