
La grossesse extra-utérine (aussi appelée GEU ou grossesse ectopique) est une grossesse non viable car localisée hors de l’utérus. Elle doit être interrompue rapidement, sans quoi elle peut mettre en jeu le pronostic vital. Après une prise en charge médicamenteuse ou chirurgicale de cette grossesse, peut se poser la question de l’impact de la grossesse extra-utérine sur la fertilité. On fait le point avec le Dr Jonas Benguigui, gynécologue-obstétricien, spécialisé en Médecine de la reproduction à l’Hôpital américain de Paris (Neuilly-sur-Seine, 92).
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Grossesse extra-utérine (GEU) : définition
« Une grossesse extra-utérine est une grossesse qui va venir s’implanter en dehors de la cavité utérine, et le plus souvent, dans les trompes de Fallope », nous explique le Dr Jonas Benguigui, gynécologue-obstétricien, spécialisé en Médecine de la reproduction à l’Hôpital américain de Paris. On parle alors de grossesse tubaire, en sachant que, bien plus rarement, une grossesse extra-utérine peut aussi s’implanter sur le col de l’utérus, dans ou sur un ovaire, ou dans la cavité abdominale.
Mais si la grossesse extra-utérine est vouée à l’échec, c’est parce que seule la cavité utérine est en mesure d’accueillir une grossesse viable. « Lorsque ça évolue ailleurs, c’est dangereux et ça expose un risque d’hémorragie et de complications graves », prévient le spécialiste. Si elle n’est pas repérée rapidement et qu’elle continue son développement, la grossesse extra-utérine peut conduire, lorsqu’elle est localisée dans une trompe, à la rupture de la trompe utérine, laquelle devra être retirée en urgence. Qu’elle soit localisée dans la trompe ou ailleurs dans la cavité abdominale, la GEU peut engendrer une hémorragie interne et mettre en jeu le pronostic vital, d’où l’importance de consulter en cas de symptômes (saignements, douleur pelvienne localisée, malaise), et de considérer la GEU comme ce qu’elle est : une potentielle urgence chirurgicale.
Grossesse extra-utérine et fertilité
« Oui, la grossesse extra-utérine impacte la fertilité », annonce d’emblée le Dr Benguigui. Et pour cause, « la grossesse extra-utérine, est déjà le symptôme d’une trompe qui ne fonctionne pas bien. Et l’on sait que les trompes de Fallope ont un rôle essentiel dans la fertilité naturelle, spontanée. De fait, si la trompe est affectée, cela diminue les chances de grossesse intra-utérine, augmente le risque de fausse couche et augmente également les risques d’échec de traitement de fertilité (procréation médicalement assistée, N.D.L.R.) », liste le gynécologue.
Cela dit, pas question de voir le tableau plus noir qu’il ne l’est, car GEU ne rime pas foncièrement avec stérilité ou infertilité : « Lorsque l’on opère la trompe touchée, malade, et qu’on la retire, on a une fertilité qui est tout à fait restaurée. Même avec une seule trompe fonctionnelle, on peut très bien tomber enceinte », assure le spécialiste.
Selon le CNGOF (Source 2), le taux global de grossesses (spontanées ou assistées) dans les deux ans qui suivent une grossesse extra-utérine est d’environ 60 %, avec un taux de récidives de GEU compris entre 10 et 30 %.
Évidemment, la fertilité future d’une femme ayant eu une grossesse extra-utérine dépend d’autres facteurs, tels que :
- l’état de l’autre trompe (si la GEU était tubaire et que la trompe a été retirée),
- l’absence ou la présence d’autres facteurs d’infertilité (endométriose, fibrome, insuffisance ovarienne, SOPK…),
- et l’âge de la femme.