L’échographie est aujourd’hui un examen incontournable du suivi de grossesse. Elle permet de confirmer une grossesse, d’en estimer le terme, de surveiller le développement du fœtus et, parfois, d’annoncer une grossesse gémellaire. Mais peut-on ne pas voir un deuxième ou troisième embryon qui serait caché ?
À lire aussi
Qu’est-ce qu’un jumeau caché ?
On parle de jumeau caché lorsqu’une grossesse initialement diagnostiquée comme simple se révèle être gémellaire plus tard dans la grossesse, voire au moment de l’accouchement. Un des deux bébés n’a pas été détecté lors de la première échographie, donnant l’impression qu’il n’existait pas.
Peut-on vraiment passer à côté d’un jumeau lors d’une échographie ?
Plusieurs facteurs peuvent expliquer la présence d’un jumeau non détecté pour la première échographie.
« Lors des premières semaines, les embryons sont extrêmement petits. Si l’un d’eux se développe plus lentement ou se situe dans une zone moins visible, il peut passer inaperçu. Mais cela ne dure pas, on verra très vite tous les embryons » explique d’Alyssa Faradji, médecin radiologue spécialisée en imagerie gynécologique, sénologique et anténatale installée à Paris (75).
Dans certains cas, un des fœtus présente un développement plus faible, mais reste viable, rendant sa détection plus complexe (dans un premier temps).
Jumeau caché ou jumeau évanescent ?
Il est important de distinguer les jumeaux cachés, de ce que l’on appelle les jumeaux évanescents. Le jumeau évanescent correspond à une situation où une grossesse gémellaire débute, mais où l’un des embryons cesse de se développer très tôt et est réabsorbé naturellement par l’organisme. Dans ce cas, il ne s’agit pas d’un jumeau resté caché, mais d’un jumeau qui n’a malheureusement pas survécu.
À l’inverse, le jumeau caché poursuit sa croissance et peut être découvert plus tard, parfois lors d’une échographie du deuxième ou du troisième trimestre.
À lire aussi
À partir de quand peut-on être sûr du nombre d’embryons dans le ventre de la maman ?
« S’il y a deux sacs gestationnels (jumeaux dizygotes ou monozygotes), même sans embryon encore visible, on pourra confirmer la gémellité dès cinq semaines d’aménorrhée. S’il y a un seul sac gestationnel (uniquement le cas de jumeaux monozygotes), il faut attendre de voir les deux embryons : à partir de six semaines d’aménorrhées » précise la radiologue.
Le nombre d’enfants peut ainsi être déterminé avec fiabilité dès le début de la grossesse. Il n’y a plus vraiment de surprise (et heureusement pour les parents ! ).
Le cas de la grossesse hétérotopique
La grossesse hétérotopique est une situation rare dans laquelle deux grossesses évoluent en même temps à des endroits différents : l’une se développe normalement dans l’utérus, tandis que l’autre est une grossesse extra-utérine, le plus souvent située dans une trompe de Fallope. Cette coexistence rend le diagnostic particulièrement difficile, car la présence d’un embryon intra-utérin visible à l’échographie peut donner un faux sentiment de sécurité et retarder l’identification de la grossesse extra-utérine.
Au début, les symptômes peuvent être discrets ou confondus avec ceux d’une grossesse classique. Les douleurs ou les saignements, lorsqu’ils apparaissent, ne sont pas toujours immédiatement attribués à une anomalie. La grossesse extra-utérine peut ainsi passer inaperçue jusqu’à ce qu’elle provoque des complications, notamment en cas de rupture tubaire (trompe de Fallope qui se distend puis se déchire). La grossesse hétérotopique reste exceptionnelle en conception naturelle, mais son risque est plus élevé en cas de procréation médicalement assistée.
Elle illustre les limites de l’échographie précoce et l’importance d’une vigilance clinique même lorsqu’une grossesse intra-utérine est confirmée.
Vous l’aurez compris, dans le cas d’une grossesse “normale”, il n’y a aucune raison pour que le radiologue ou le gynécologue-obstétricien ne puisse pas voir les différents embryons dans l’utérus. « Cela était possible [de ne pas voir un embryon], il y a plus de trente ans, mais plus du tout de nos jours » conclut Alyssa Faradji.
